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A l’heure actuelle toutes les personnes atteintes par le
virus de la grippe aviaire étaient en contact direct avec les
volailles. Aucun cas de transmission d’humain à humain n’a été
constaté. Alors pourquoi une telle panique autour du virus de la
grippe aviaire ?
Nature
des populations humaines exposées :
Les principales personnes risquant d’être infecté par le
virus de la grippe aviaire sont celles dont l’activité les
conduisent à des contacts fréquents, importants et/ou en atmosphère
confinée avec des secrétions respiratoires ou digestives d’oiseaux
infectés.
Le risque de transmission à l’Homme de virus aviaires ne
peut être quantifié précisément du fait de la rareté des données
disponibles au plan international pour décrire la fréquence et la
nature des infections grippales chez les populations potentiellement
exposées au virus aviaire.
Hypothèses
de changement de sous types
Les experts envisagent que le virus H5N1 pourrait subir un
changement de sous type et devenir ainsi beaucoup plus dangereux.
Deux hypothèses pour un tel changement sont envisageables :
La
première serait que la circulation de la population humaine d’un
sous type s’arrête pendant plusieurs années, mais que le virus reste
présent dans une population animale. Dans ce cas, il suffirait que
la population animale soit en contact direct avec les Hommes pour
lui transmettre un nouveau virus.
Cette hypothèse est « issue » du cas de la grippe
espagnole. En effet, le sous type H5N1 qui est aussi responsable de
la grippe espagnole a disparu de la population humaine depuis 1957.
Or, d’après les chercheurs, ce sous type serait resté présent chez
le porc, ce qui a permis au virus de la grippe aviaire de
réapparaître chez l’Homme 20 ans plus tard.
La
seconde possibilité serait qu’un sous type soit créé par un
réassortiment génétique. Il se produirait alors une co-infection
d’un hôte par deux virus différents, qui dans ce cas serait le virus
de la grippe aviaire combiné à un virus humain tel que la grippe. Au
sein d’une même cellule, les deux virus se multiplieront, faisant
ainsi de nombreuses copies de leurs génomes. Lors de l’assemblage
des nouveaux virus, des virus « mosaïques » seront formés
(c'est-à-dire que ces virus mosaïques possèderaient plusieurs
fragment des virus parentaux). Si en plus ces nouveaux virus
possèdent également des gènes lui permettant de se multiplier
efficacement chez les mammifères, ils auront alors la capacité de se
transmettre facilement d’Homme à Homme tout comme la grippe dite
« classique ».
L’apparition d’un virus grippal appartenant à un sous-type
totalement inconnu par le système immunitaire humain rend inefficace
la mémoire immunitaire de la population générée durant les épidémies
saisonnières dues aux virus grippaux classiques.
Les virus de la grippe aviaire sont génétiquement
instables. Ils ont une tendance à subir en permanence des
modifications antigéniques ce qui oblige l’Homme à surveiller
constamment l’évolution de la situation dans le monde. Ces
variations antigéniques sont ainsi à l’origine du fameux virus de la
grippe espagnole.
Problèmes
liés aux traitements
L’évolution de ces virus peut être progressive ou brutale,
avec apparition de nouveaux variants.
Actuellement, il existe des traitements pouvant servir à la
fois à la prévention et au traitements efficaces contre les souches
grippales A chez l’être humain normalement en bonne santé.
Néanmoins, certains d’entre eux sont onéreux et l’approvisionnement
est limité. Ainsi, par manque de moyens ou de quantités suffisantes
pour soigner les personnes atteintes les virus grippaux pourraient
se propager plus facilement et une modification génétique ne
pourrait en aucune façon être arrêtée.
De plus, les chercheurs ont une grande expérience des
vaccins antigrippaux dont la composition varie chaque année pour
s’adapter au glissement antigéniques. Toutefois, il faut environ
quatre mois pour produire en grande quantité un vaccin efficace
contre un nouveau sous-type viral. Cette période d’attente assez
longue permettrait au virus de se propager et de faire plusieurs
morts avant que ce vaccin puisse être utilisé. Entre temps, le virus
pourrait subir un nouveau changement de sous type ce qui obligerait
les chercheurs à déterminer une nouvelle composition pour un vaccin
nouveau.
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